PROGRESSIVE COMBAT SYSTEM

ARTICLE DE CHRISTIAN DERVAL : LE JIU JITU BRESILIEN


Le Jiu-Jitsu Brésilien trop souvent assimilé aux UFC ou plus régulièrement au newasa (combat au sol) voit sa pratique petit à petit se scléroser et d’ailleurs certains autres arts martiaux, ne voient dans cette discipline, qu’un moyen d’améliorer, leur propre pratique.
Aussi, il me paraît important de retrouver une ligne directrice à notre activité.
Je pense que tout type de population peut se retrouver dans notre enseignement car le Jiu-Jitsu Brésilien c’est 3 directions de travail différentes.

A savoir :

1. La self défense
2. Combat de type « vale tudo »
3. Le combat au sol

La différence essentielle entre le 1 et le 2 ne réside pas dans la technique, car celles-ci sont transversales, mais dans la façon d’appréhender le combat. En self défense il y a une notion de surprise (l’adversaire étant déjà dans votre périmètre de sécurité, la défense va faire appel à « un acte reflexe », travaillé à l’entraînement sous forme de répétitions (uchi komi).
Pour le combat nous sommes face a un adversaire qui a la même ambition que nous c'est-à-dire gagner le combat avec ses propres armes. Il va nous falloir casser la distance, car cette fois ci nous sommes en dehors du périmètre de sécurité, et la stratégie entre en ligne de compte.
La 3ème partie, le combat au sol bénéficie aussi de ces techniques transversales, mais le combat va pouvoir se terminer au sol (dans ce cas de figure, s’il y a plusieurs adversaires, il est bien sur de conseillé d’aller vers le newaza) et bien sur le développement de la partie compétition.
Dans « art martial » il y a art, si l’on se réfère à d’autres arts comme la musique par exemple, il y a des règles à respecter et nous pouvons les appliquer au Jiu-Jitsu Brésilien.
On peut apprendre à jouer d’un instrument « a l’oreille », mais sans les gammes et le solfège, on se retrouve vite dans une impasse :

1. Les gammes :

Pour nous ce sera toutes les formes de déplacement permettant d’accéder à la technique avec le maximum d’efficacité sur la mobilité.
Un grand maître de judo regardait un jour Aurélien, mon fils, et Patrick Roux (un judoka de très haut niveau) travailler ensemble. Le randori était très fluide et sa réflexion a été de dire que ce n’était pas du newaza, car le newaza, c’était « la pression », il avait tout à fait raison, pour celui qui était au-dessus, mais pour celui qui était au-dessous ? C’est justement sa mobilité travaillée grâce aux éducatifs qui va lui permettre de ne pas recevoir la pression, et créer des espaces pour pouvoir échanger.

2. Les bases :
On peut déterminer que l’on est en base à partir du moment où l’on est :
SMS = stable – mobile – sécurisé

Si l’on perd l’un de ces éléments on va vite se retrouver en difficulté, avec un adversaire qui comme aux échecs pourra jouer avec un coup d’avance.
On déterminera dans les positions traditionnelles les attitudes à avoir pour être en base.
Ex : je suis dans la garde, position idéale pour être en SMS. Je suis sur le dos, adversaire dans la garde, quelle attitude dois-je avoir ?

3. Techniques de bases que l’étudiant doit connaître dans les situations les plus conventionnelles.

4. Techniques intermédiaires

5. Techniques avancées


C’est ce cursus, auquel il faut ajouter un bon comportement en randori (combat d’entraînement) et une connaissance de l’histoire de notre sport qui pourront faire de vous une bonne ceinture noire de Jiu-Jitsu Brésilien.

Mais l’on ne peut pas aller vers les techniques avancées en faisant l’économie de l’apprentissage des gammes et des bases (ce qui reviendrait à apprendre à jouer d’un instrument sans solfège).
Ceci est en toute humilité ma réflexion sur notre art et c’est la trame qui est enseignée au Cercle Tissier.
Elle a vu le jour au fil du temps après une 1ère expérience avec Rickson Gracie mais surtout avec mon ami et Maître Flavio Behring avec qui j’ai la chance d’échanger des points de vue qui vont au-delà de la technique.
Je pense que les ceintures formées par notre système sont de bonnes ceintures noires et pas seulement de bons combattants.
La compétition qui, à mon sens est un passage obligé dans la construction d’un Jiu-Jitsuka n’est qu’un passage qui nous donnera une expérience supplémentaire (gestion du stress, piste de travail pour progresser etc…) n’oublions pas que nous les éducateurs sommes là pour former des hommes et non pas des champions.
La vertu d’un art martial c’est que l’on peut pratiquer longtemps, longtemps, longtemps…
Chacun voit dans le Jiu-Jitsu, ce qu’il veut bien y voir.
Ceci est ma réflexion et non pas la vérité. Aussi si votre idée du Jiu-Jitsu Brésilien est différente, échanger fait partie de notre progression.

Sportivement,

Christian Derval

Avril 2009

 
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